L'association ParisVelocipedia a pour but principal de commémorer le 150ème anniversaire de l'adaptation de la pédale à la draisienne à Paris en 1861, évènement qui fait de Paris le berceau mondial de la bicyclette.

Cycle

Comme nom de vélocipède, cycle est attesté la première fois en français dans un article du Vélocipède Illustré (cliquer sur le titre pour lire l'article complet reproduit) du 16 janvier 1870 : « Dans la famille de ces Cycles charmants, le Bicycle s’est fait une trop grande place au soleil; il a dévoré ses frères... Dans cet appel aux Véloces de tout genre, le Bicycle seul a répondu et seul a donné un résultat satisfaisant; les Tricycles n’ont guère fait que démontrer leur incapacité. Le monocycle, encore à l’état d’embryon ... ». Cycle apparaîtra en anglais la même année.  

Et comme nom, cycle provient d’une aphérèse familière de tricycle ou de bicycle. Pourtant, la plupart des dictionnaires français considèrent que cycle comme nom de la vélocipédie serait apparu en français plus tardivement qu’en anglais. Le nom cycle a mis longtemps pour s’implanter : ce n’est qu’en 1895 que la société L’Hirondelle a remplacé dans son intitulé "Société pour la fabrication en France des Vélocipèdes" vélocipèdes  par cycles & automobiles.

  

Contrairement à d’autres langues, cycle a en France une définition fluctuante : il est souvent compris comme deux-roues (1932) dans l'usage courant, c’est-à-dire comprenant en sus des bicyclettes tous les véhicules à deux ou même trois roues, y compris ceux mus par un moteur comme les cyclomoteurs. Mais le Code de la route (article R311-1) restreint son sens au "véhicule ayant au moins deux roues et propulsé exclusivement par l'énergie musculaire …" et donc sans moteur, sauf les cycles dits à assistance électrique. Mais les mots dérivés de cycle ne concernent en français que la bicyclette. C’est le cas du substantif cycliste (1883), de cyclisme (1886) et de cyclotourisme (1893), concept créé à Saint-Étienne par Paul de Vivie, Vélocio de son nom de plume, qui œuvra pour la création du "Touring Club de France" fondé en 1890 pour les cyclistes. Cyclotourisme est formé avec le joncteur « o » propre aux formes grecques. Il est aussi à l’origine du verbe tombé dans l’oubli cycler (1892) attesté la même année que son synonyme pédaler : l’apparition de ces deux verbes en 1892 illustre le début du succès de la bicyclette cette année-là, succès confirmé par la loi du 28 avril 1893 instaurant une taxe annuelle pour chaque vélocipède. Cycler a donné le dérivé cyclable (1893) qui a remplacé véloçable (1870) pour les pistes d’abord appelées Véloces-voies en 1869.

Cycle est un nom savant venant de kuklos introduit par Rabelais en français au XVIème siècle . Cycle ayant des sens uniquement abstraits, comme celui de période astronomique ou de cercle. Et ce, jusqu’en 1828 où il prendra la première fois le sens de roue en français, en raison de son emploi dans Omnibus Tricycle, avant de prendre celui du véhicule. Cet emploi initial de cycle comme élément d'un mot avec le sens de roue depuis l'omnibus tricycle

puis son utisation au cours des décennies suivantes corrobore l'origine française du terme.

Cycle est apparenté au mot cakra, la roue (du char) en sanskrit. Celle-ci est représentée dans la bande blanche du drapeau de l'Inde où elle rappellerait aussi le rouet de Gandhi, l'outil emblématique de l'autosuffisance. C’est dans ce pays que roulent le plus grand nombre de cycles. Cakra vient de la racine indo-européenne °kwel, tourner en rond, qui a donné en latin colere (cultiver, d’où culte),  wheel en anglais, pôle (axe du monde). Calèche vient via l’allemand d’un mot tchèque ou polonais formé sur kolo signifiant roue, issu de la même racine.

Le mot grec kuklos qui était plus connu alors a donc été préféré à d'autres racines grecques de sens proche comme trochos, la roue (de char) ou gyros qui signifie aussi cercle mais qui renvoie en général en français au mouvement circulaire. Le néologisme gyropode est le terme officiel proposé  pour remplacer Segway.