L'association ParisVelocipedia a pour but principal de commémorer le 150ème anniversaire de l'adaptation de la pédale à la draisienne à Paris en 1861, évènement qui fait de Paris le berceau mondial de la bicyclette.

Le premier voyage à vélocipède au monde, de Paris à Avignon en 1865

 

En août 1865, il y a 150 ans, trois jeunes Parisiens, les frères Aimé et René Olivier accompagnés de Georges de La Bouglise, entreprirent de traverser à vélocipède la France de Paris à Avignon : cet exploit exceptionnel fut le premier voyage en cycle au monde connu. Les trois vélocipédeurs, pour reprendre le terme employé avant 1869, s’étaient rencontrés à l'École Impériale Centrale des Arts et Manufactures de Paris, alors situéà l’hôtel Salé, devenu depuis musée Picasso. 

Fils de l'industriel Jules Olivier, Aimé et René étaient nés à Lyon en 1840 et en 1843. Alors qu'il était encore étudiant à l'École Centrale, Aimé Olivier se passionnait déjà pour le vélocipède : un croquis représentant ce véhicule et accompagné de calculs sur les roues a été retrouvé dans son cahier de l'année 1863-1864. Quant à son frère René, il aurait commencé à fréquenter dès 1864 l’atelier de Pierre Michaux. Le troisième vélocipédeur, Georges de la Bouglise, était né en avril 1842 à Auteuil dans une famille d’origine normande. Dans les années 1860, sa famille habite à Paris, au 5 rue Papillon où son père est négociant en eaux de vie en gros. 

Quand il entreprit la randonnée en août 1865, Georges de La Bouglise est encore étudiant, tout comme René Olivier, mais à École des Mines de Paris, ce qui contribue à expliquer le choix du mois d’août. Quant à Aimé, il travaille quelques mois chez son père qui est passé directeur à l'usine chimique de l’Oseraie, près d’Avignon, avant d’aller à Lyon, toujours dans le même groupe chimique qui s'appelera Perret-Olivier en 1867. 

Avec une distance de près de 750 kilomètres sur des routes peu praticables, aller de Paris à Avignon à vélocipède constituait un exploit inouï. Mais contrairement aux frères Olivier, de La Bouglise n’ira pas jusqu’à Avignon. Il s'est probablement arrêté à Tullins. En effet, Jules Olivier signale dans son carnet à la date du 1er août 1869 qu’Aimé part pour Paris avant de revenir avec René et La Bouglise en vélocipède de Paris à Tullins. Puis, à la date du 1er septembre, il annonce l'arrivée à Avignon de ses seuls fils. 

Et le trajet dessiné sur une carte retrouvée dans les archives de la famille Olivier de Sanderval, descendante d’Aimé, confirme ce détour par Tullins. Les vélocipédeurs ont en effet suivi approximativement la route impériale N°7, rebaptisée en 1871 nationale, jusqu'à Lyon. Ils sont passés par Charenton, Melun, Fontainebleau, Nevers et Tarare. Une incertitude demeure pour le passage des Monts du Lyonnais où deux tracés sont dessinés sur la carte. De Lyon, ils se sont dirigés vers Tullins (Isère) où habitait l’oncle des frères Olivier, l’industriel lyonnais Michel Perret. De là, ils ont longé l'Isère pour rejoindre la vallée du Rhône. 

Cet exploit est d’autant plus exceptionnel qu’il aurait été accompli en onze jours, soit 70 km par jour.

Certes, Aimé était un sportif confirmé qui avait le goût de la prouesse physique : il avait traversé la France depuis la Seine jusqu'au Rhône en yole de course en 1863. 

Et ces jeunes gens avaient une forte personnalité.  Si René Olivier mourut jeune, en 1875 à la suite d'un accident de voiture, Aimé s’éteignit en 1919 après une vie aventureuse durant laquelle il avait conquis Foutah Jalon (Guinée) et était devenu le « roi de Kahel ». Quant à Georges de La Bouglise, il a aussi eu un parcours prestigieux : spécialiste français de l'or, il fut un précurseur dans les investissements miniers en Amérique. 

Mais d'autres raisons que le simple loisir ont  poussé les trois jeunes gens à concevoir ce projet. Ils étaient persuadés de l'avenir prometteur du vélocipède et, dans l’esprit saint-simonien, de son utilité sociale. Un but du projet était de tester le vélocipède lancé par Michaux. Ils voulaient en particulier savoir s'il pouvait effectuer de longues distances. Une version améliorée du modèle de l’artisan parisien par Gabert fut conçue en adaptant différents équipements : une lanterne, une valise, une ombrelle, des selles en caoutchouc fort agréables pour une longue route et surtout un frein efficace, équipement indispensable pour traverser les Monts du Lyonnais. 

En raison du risque d’échec et de ses conséquences pour un éventuel projet industriel, le voyage devait probablement rester confidentiel car aucun article ne lui fut consacré avant 1867. 

Les modèles de vélocipède employés ne sont pas connus avec précision.

 

150 ans après, le 8 août 2015, plusieurs vélocipédeurs rééditeront sur des vélocipèdes d'époque l'exploit de 1865. Ils partiront du 8e arrondissement de Paris, du Panorama des Champs-Elysées, pour atteindre Avignon 15 jours après:

 http://velocipedistes.com/liens/ 

Tous les cyclistes et bicyclistes sont invités à venir les applaudir au départ ou à l'arrivée au Pontet, ou à les accompagner sur une voire pluseurs étapes.

 

La XXVI e Conférence Internationale d'Histoire du Cycle (ICHC) se tiendra près d'Avignon à leur arrivée, du 24 au 27 août 2015, à Entraigues-sur-la-Sorgues.

http://www.ichc.biz/2015-FR/2015-02-conference.html#

 Bibliographie

"1865 : une expédition centralienne -  Paris-Avignon en vélocipède ", par Francis ROBIN, revue "Centraliens"

N°639, janvier 2015, Paris.

Dossier de recherche plus complet, avec les dernières découvertes :
"Première randonnée mondiale à Vélocipède,  Paris-Avignon des Frères Olivier et Georges de La Bouglise  1865" par Francis ROBIN, mai 2015, Éd. La Vélocithèque – Le Bois – 69590 Pomeys.